Mardi 14 mai 2024, 22h22,
Je suis dans mon lit. Chambre des stagiaires, j’ai toujours dormi là. Lit simple, petite table de nuit, comme les chambres d’internat.
Le bureau des éducateurs est collé à ma chambre. Tous les soirs, je les entends faire le bilan du jour et prévoir la journée du lendemain.
En dessous, le salon. Esteban et Nadir viennent de rentrer du foot, conduit par Catherine. Je le entends réchauffer une assiette au micro-ondes.
Au-dessus, la chambre de Rachidi. Mathéo lui a prêté son lecteur CD, la musique filtre à travers le plafond. Demain, je le photographierai avec ses six maillots de l’équipe de Mayotte.
Dehors, les animaux. Paya aboie. C’est le printemps. Les jours rallongent et les jeunes essaient de gratter quelques minutes avant l’heure du coucher. Mathéo n’a pas fait de crise depuis décembre. Sa chambre est bien rangée, et il marmonne beaucoup moins. Il a grandi depuis la dernière fois.
Je suis dans mon lit. Chambre des stagiaires, j’ai toujours dormi là. Lit simple, petite table de nuit, comme les chambres d’internat.
Le bureau des éducateurs est collé à ma chambre. Tous les soirs, je les entends faire le bilan du jour et prévoir la journée du lendemain.
En dessous, le salon. Esteban et Nadir viennent de rentrer du foot, conduit par Catherine. Je le entends réchauffer une assiette au micro-ondes.
Au-dessus, la chambre de Rachidi. Mathéo lui a prêté son lecteur CD, la musique filtre à travers le plafond. Demain, je le photographierai avec ses six maillots de l’équipe de Mayotte.
Dehors, les animaux. Paya aboie. C’est le printemps. Les jours rallongent et les jeunes essaient de gratter quelques minutes avant l’heure du coucher. Mathéo n’a pas fait de crise depuis décembre. Sa chambre est bien rangée, et il marmonne beaucoup moins. Il a grandi depuis la dernière fois.
Depuis 2022, je retourne régulièrement à la Bergerie de Faucon, un lieu de vie créé en 1974 par Guy Gilbert, au cœur du Parc naturel régional du Verdon.
Huit adolescents confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance y vivent aux côtés d’une équipe éducative qui vit et travaille sur place. Beaucoup ont connu des parcours marqués par les ruptures familiales, les placements successifs et des périodes sans repères. À Faucon, la vie s’organise autour d’une ferme pédagogique où vivent une centaine d’animaux. Leur présence rythme les journées et invite à prendre soin de l’autre, à se responsabiliser et à se re.construire. Et souvent, là où les relations aux adultes peuvent être fragilisées par les expériences passées, ce lien avec les animaux permet de recréer quelque chose, doucement.
En revenant année après année à la Bergerie de Faucon, j’ai a peu à peu tissé une relation de confiance avec celles et ceux qui vivent. Loin de chercher à raconter des histoires individuelles ou à dresser le portrait d’une institution, mon regard s’attache aux moments d’attention, de doute ou de confiance, où l’identité de chacun se construit au fil des jours.
Les photographies présentées ont été réalisées entre 2022 et aujourd’hui à la Bergerie de Faucon ainsi que lors d’un séjour de rupture au Maroc et une marche sur un tronçon du Chemin de Compostelle. Si plusieurs des jeunes photographiés ont aujourd’hui quitté le lieu de vie, je suis resté en contact avec certains d’entre eux et continue de me rendre à la Bergerie de Faucon pour retrouver les adolescents qui y vivent aujourd’hui.
Merci à Enzo, Mathéo, Zoubir, Esteban, Bebel, Matteo, Yussef, Rachidi, Steven, Nadir ainsi qu’à toute l’équipe de la Bergerie de Faucon pour leur confiance, leur accueil et les moments partagés qui rendent ce travail possible.
En revenant année après année à la Bergerie de Faucon, j’ai a peu à peu tissé une relation de confiance avec celles et ceux qui vivent. Loin de chercher à raconter des histoires individuelles ou à dresser le portrait d’une institution, mon regard s’attache aux moments d’attention, de doute ou de confiance, où l’identité de chacun se construit au fil des jours.
Les photographies présentées ont été réalisées entre 2022 et aujourd’hui à la Bergerie de Faucon ainsi que lors d’un séjour de rupture au Maroc et une marche sur un tronçon du Chemin de Compostelle. Si plusieurs des jeunes photographiés ont aujourd’hui quitté le lieu de vie, je suis resté en contact avec certains d’entre eux et continue de me rendre à la Bergerie de Faucon pour retrouver les adolescents qui y vivent aujourd’hui.
Merci à Enzo, Mathéo, Zoubir, Esteban, Bebel, Matteo, Yussef, Rachidi, Steven, Nadir ainsi qu’à toute l’équipe de la Bergerie de Faucon pour leur confiance, leur accueil et les moments partagés qui rendent ce travail possible.